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mal
de dos – mal de dents
Par
Jean-Marie LANDOUZY
– Ostéopathe
Le mal de dos, avant d'être "le mal du siècle",
est le mal de l'homme. Pour bien comprendre le mal de dos, il faut l'aborder de
manière holistique. Hippocrate disait :
"Toutes les
parties du corps forment un cercle, chaque partie est donc, à la fois,
commencement et fin."
Les causes du mal de dos sont multiples :
·
Dérangements intervertébraux ou "vertèbres déplacées"
sont à l'origine des lumbagos, torticolis et autres dorsalgies,
·
Troubles posturaux permanents entraînant des contractures et des
inflammations locales,
·
Atteintes anatomiques des articulations et des disques inter vertébraux
(hernie discale) par des traumatismes graves ou par la vieillesse et l'usure
(arthrose).
Il est important de différencier les douleurs de dos
manifestées au cours de mouvements et celles qui apparaissent au repos. Les
douleurs aggravées par le mouvement sont d'origine mécanique tandis que la
douleur aggravée ou déclanchée au repos aura plutôt une étiologie viscérale
qui ne sera pas traitée dans cet article.
L'homme a toujours eu mal au dos en raison de sa position
érigée de bipède et de son travail.
Le dos est composé de vertèbres reliées par 3
articulations, les côtes s'articulent avec les vertèbres dorsales. Le rachis
est posé sur le bassin; il soutient et anime les membres supérieurs et la tête
au cours de tous les travaux et déplacements. Il doit être comme le roseau de
La Fontaine : flexible et résistant.
Pour être flexible il faut que chacune de ses articulations soient libres afin
que les mouvements soient bien répartis. Pour résister à la pesanteur, le
squelette doit posséder une architecture alignant de manière symétrique et équilibrée
tous ses composants. Dans le plan frontal, les lignes de gravité sont : une
verticale, qui correspond au fil à plomb et des horizontales parallèles entre
elles qui suivent le niveau à bulle. Dans le plan sagittal, les courbures ont
pour but d'amortir les vibrations et chocs vers la tête.

1 - De face et de profil l'alignement osseux se compose
d'une verticale et de perpendiculaires qui passent par toutes les
articulations. (schémas de Delattre et Fenart)
La modification d'une ligne, le blocage d'une ou plusieurs
articulations vertébrales entraînent un trouble postural et une limitation de
la mobilité vertébrale qui devient douloureuse.
Les déséquilibres du dos ont deux grandes causes :
1.
Ascendante (venant du bas et se propageant vers le haut),
2.
Descendante (venant du haut et se propageant vers le bas).
1 - Une vraie jambe courte, une torsion du bassin, des
appuis podaux perturbés changent l'équilibre du corps, fragilisent sa résistance
à la pesanteur et diminue sa force. Sur un sujet bien équilibré la pose d'une
talonnette de
5 mm
sous le pied droit crée un déséquilibre qui se répercute à l'ensemble du
corps.
·
Diminution de la flexion antérieure du corps,
·
Déficit de l'équilibre sur le pied gauche,
·
Ascension de l'épaule droite,
·
Limitation de la rotation cervicale à droite,
·
Déficit de la force du bras gauche,
·
Déviation vers la droite de la mandibule au cours de l'ouverture
buccale.
Nous constatons, de cette manière, la répercussion d'un déséquilibre
venant de la jambe (influence ascendante) sur corps.
2 – Sur le même sujet bien équilibré, une petite épaisseur
placée entre les molaires droites crée un déséquilibre qui se répercute sur
l'ensemble du corps. Cette cale simule la présence d'une prématurité de
contact dento-dentaire au niveau molaire. La sensibilité, à ce niveau, est de
l'ordre de 5/100e de millimètre.
·
Déviation de la mandibule vers la gauche lors de l'ouverture de
la bouche,
·
Ascension de l'épaule et de l'omoplate gauche,
·
Limitation de la rotation cervicale vers la gauche,
·
Déficit de la force du bras droit,
·
Ascension
du bassin du côté
gauche,
·
Limitation de la flexion antérieure du tronc,
·
Déficit de l'équilibre sur le pied gauche.
Nous constatons l'effet d'un déséquilibre de la mandibule
sur le corps. Ces perturbations sont décrites par J.M. Landouzy dans son livre
: "MAL DE DOS – MAL DE DENTS" aux Editions Quintessence. Environ
35 à 40 % de patients présentent des douleurs chroniques à cause de ce déséquilibre.
S'il est aisé de comprendre le déséquilibre par une inégalité
de longueur des jambes, il est plus difficile d'admettre que le déséquilibre
de la mandibule puisse avoir la même action. C'est parce que toute la
musculature est suspendue à l'empilement des os du squelette et qu'une asymétrie
de contraction des muscles masticateurs entraîne une réaction en chaîne sur
les autres muscles. On peut comparer cela à la marionnette animée par le
marionnettiste. Les mouvements du croisillon qui la suspend sont transmis au
corps par les ficelles (muscles).

Figures 2 et 3 : la marionnette et la correspondance au
niveau de la tête. (Photo de Landouzy et schéma de B. Delattre)
Comme un défaut de parallélisme de votre voiture entraîne
vibrations et usure anormale des pneus, tout déséquilibre fragilise la résistance
du dos provoquant des blocages vertébraux permanents et douloureux. Les
manipulations soulagent, mais la récidive est toujours rapide tant que la cause
du déséquilibre n'est pas traitée. Les manipulations vertébrales ne sont pas
responsables de distensions ligamentaires et de la récidive des blocages. C'est
le mauvais équilibre du dos qui est la cause de
la récidive. La
manipulation recentre une articulation douloureuse, soulage la douleur
et réduit l'inflammation et les contractures associées au blocage.
L'examen d'un patient qui souffre du dos commence par
l'examen de sa posture et de sa mobilité rachidienne. Il faut éliminer les déséquilibres
permanents. Pour cela, outre la correction des appuis des pieds par des
semelles, il faut compenser exactement toute différence de longueur anatomique
des jambes et/ou rétablir l'équilibre de la mandibule par un traitement
dentaire. La gouttière occlusale permet de restaurer l'équilibre mandibulaire
sans que les dents subissent des
modifications irréversibles. La correction des engrènements dentaires ne se
fera qu'après avoir obtenu la disparition des symptômes et la stabilité de l'équilibre
général du corps. Il faut, en général, un an de traitement comprenant les
corrections régulières du rachis par ostéopathie et des appuis dentaires sur
la gouttière par le dentiste. (Site : http///www.seret-medecine.org)
l'ostéopathie et le mal de dos
L'ostéopathie est l'art de soigner avec les mains. Elle
est très efficace pour soulager le mal de dos. L'ostéopathe doit s'assurer
que les symptômes du patient peuvent être soulagés par des manipulations. La
manipulation n'est pas dangereuse si son indication est bien posée et si elle
est réalisée par des forces adaptées au patient. Il
faut adapter la thérapeutique au patient et non le patient à
la thérapeutique. La
manipulation a toujours fait partie de l'arsenal thérapeutique de
l'homme : autrefois les rebouteux remettaient les entorses, les "tours de
reins" (lumbago), les sciatiques etc. De nos jours, les manipulations sont
pratiquées par des médecins ou des kinésithérapeutes ayant appris l'ostéopathie.
Qu'est-ce qu'une vertèbre déplacée ?
C'est une vertèbre qui est restée fixée dans une
position excentrée. Par exemple le patient victime d'un lumbago reste penché
en avant, le patient atteint d'un torticolis ne peut redresser ni tourner
la tête. Les
douleurs sont proportionnelles à l'importance du blocage vertébral, à
l'inflammation et aux contractures musculaires. L'ajustement ostéopathique, en
libérant la vertèbre de ses contraintes, diminue immédiatement l'inflammation
et les contractures musculaires.
conclusion
Le mal de dos a de nombreuses origines et sa chronicité nécessite
une étude complète des modifications vertébrales liées à des rhumatismes
(arthrose - arthrite), des traumatismes ou une dégénérescence des disques
vertébraux et à des anomalies posturales. Traiter les causes avant les effets
permet de guérir alors que traiter
simplement les
effets ne fait que soulager.
MAL DE DOS !
Mal de dos, mal du siècle, disait-on en l'an 1999. Nous avons
passé le siècle et le millénaire et l'homme a toujours mal au dos..
Quelques réponses :
-
Le mal de dos est inhérent à l'homme parce qu'il travaille avec ses membres supérieurs et qu'il est bipède. Sa
colonne vertébrale subit toutes les contraintes de son travail ou de son sport.
-
Plus un corps travaille, plus il a besoin
d'être bien ajusté. Une voiture de formule 1 est plus souvent révisé qu'une Clio
! On ne lui demande pas les mêmes services. D'ailleurs les grands sportifs sont
suivis par une équipe médicale afin que leur corps soit toujours au top niveau.
-
Profession, sports pratiqués et
activités de bricolage sont des causes d'apparition de douleurs rachidiennes.
Mais aussi mauvaise hygiène de vie, stress et contrariété
L'arthrose :
L'arthrose est une destruction lente et progressive du
cartilage des articulations. Le cartilage est un tissu peu vascularisé qui
baigne dans la synovie (liquide qui se trouve à l'intérieur des articulations
pour faciliter le glissement des surfaces articulaires). Il se détruit mais ne
peut se régénérer. Sa destruction entraîne une réaction de l'os, qui perdant sa
protection, va se mettre à produire des excroissances appelées ostéophytes (ou
becs de perroquet sur le colonne vertébrale). Les rhumatismes
:
Il existe deux sortes de rhumatismes : le rhumatisme
dégénératif qui est l'arthrose (l'usure) et le rhumatisme inflammatoire que l'on
retrouve essentiellement dans deux maladies. La spondylarthrite ankylosante, qui
atteint spécifiquement la colonne vertébrale et le rachis, et la
polyarthrite chronique évolutive qui atteint toutes les autres articulations du
corps, mais épargne souvent la colonne vertébrale.
Les dérangements intervertébraux
On appelle dérangement intervertébral que
qu'on appelle encore vertèbre déplacée. En fait le terme de vertèbre
déplacée est impropre car à aucun moment on ne peut assimiler une vertèbre
"déplacée" à une vertèbre luxée qui serait du ressort du
chirurgien traumatologue pour une immobilisation sous plâtre ou corset ou une
remise en place chirurgicale. Le
dérangement intervértébral est le blocage d'une ou plusieurs vertèbres dans
une position différente de la position neutre qui est la position normale de la
vertèbre au repos. C'est une position centrée qui lui permet des mouvements
d'une amplitude symétrique dans les trois principaux plans de l'espace : le
plan sagittal pour les mouvements de flexion et d'extension, le plan frontal
pour les mouvements de flexion latérale et le plan axial pour les mouvements de
rotation. Le blocage peut aussi se produire au niveau des articulations
périphériques (membres et extrémités). C'est le cas du lumbago qui est
essentiellement un blocage localisé au niveau des articulations du bassin et
des lombaires. LA MANIPULATION
Toujours sujette à controverse la
manipulation est une action brève et mesurée appliquée à une articulation
pour lui permettre de réintégrer la position neutre qui lui rendra sa
mobilité complète. En effet un dérangement vertébral en flexion aura pour
effet une impossibilité pour le patient de mobiliser volontairement son segment
vertébral vers un mouvement d'extension. La manipulation aura pour effet,
souvent immédiat ou du moins rapide de restaurer la mobilité de zone
concernée et de diminuer très sensiblement les douleurs. La
manipulation, bien faite, ne peut produire de distension ligamentaire puisque
les ligaments de l'articulation sont de tension symétrique lorsque la vertèbre
se trouve bien centrée et non lorsqu'elle se trouve bloquée dans une position
asymétrique. Exemple dans un dérangement intervertébral en flexion, rotation
droite et flexion latérale droite, les ligaments antérieurs et droits seront
plus courts ainsi que les ligaments postérieurs et gauches. Si la situation se
pérennisait dans cette position les ligaments courts se fibrosent en
position courte alors que les ligaments contro latéraux gardent un
allongement anormal. OSTEOPATHIE ET MAL
DE DOS
L'ostéopathie permet de rétablir la
mécanique normale articulaire des toutes les articulations du corps qui
présentent des dysfonctionnements. Elle dispose de différents types de
manipulations afin d'adapter son action au patient. Essentiellement on peut
décrire des manipulations structurelles (celles qui font "craquer"),
les fonctionnelles (qui utilisent des mouvements de grande amplitude sans
appliquer de force directe sur l'articulation), les myotensives (qui utilisent
la contraction musculaire du patient contre la résistance de l'ostéopathe).
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