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Journées
Cliniques -
D I N AN (F)
du
1er au 4 mai 2009
Equilibre
Occlusal - Equilibre Postural
Avènement de la station érigée
et gravitation universelle
R. FENART
Dr.
Méd. , Dr. es Sc. , Dir. Rech. Hon. du CNRS
RESUME
Les
êtres vivants sont soumis, outre les impératifs biologiques (génétiques et
mésologiques) qui leur sont propres, aux contraintes imposées par les lois de la
physique. Parmi ces dernières, la gravitation universelle, captée par le
labyrinthe de l’oreille des Vertébrés (déjà décelable sur des « poissons »
fossiles datant d’environ 500 millions d’années) est intervenue tout au long de
l’évolution. La notion d’horizontalité (découlant de celle de verticalité
apportée par la pesanteur) est apportée par les canaux semi-circulaires externes
qui orientent la tête de façon à ce que les conditions de survie de l’animal et
de l’espèce qu’il représente soient optimales.
Les réflexes nés de toute modification de leur direction (notamment par
croissance de l’encéphale entrainant l’amplification de la tête pré-otique)
agissent sur la musculature rétro-axiale en vue de rétablir cette horizontalité.
Par leur répétition, ces tractions ouvriraient un nouvel espace cranien (à
nouveau profitable au cerveau) et provoqueraient une bascule de l’occipital,
donc une érection corporelle plus accentuée. De ce fait, le neuro-crâne va
tendre à s’équilibrer dans sa forme et dans sa position par rapport à la
verticalité labyrinthique. La réduction faciale agit dans le même sens.
Dans la biosphère de la planète et par une « anti-entropie » centrifuge
inexpliquée, les Vertébrés ont ainsi entrepris une lutte contre la gravitation,
en s’affranchissant du milieu aquatique, en transformant les nageoires en
membres marcheurs, puis en passant du stade quadrupède au stade bipède.
La station droite a modifié certaines parties du corps et a pu aussi être à
l’origine de certains désagréments. En outre, la question se pose de savoir si l
‘Homme a un avenir cosmonautique, en l’absence de la pesanteur qui a guidé son
évolution passée, pour laquelle de nombreux mystères demeurent, ainsi d’ailleurs
que pour la définition de la vie elle-même.
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Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,
chers Confrères
Tant dans le Règne végétal que dans le Règne animal, l’évolution a été le
résultat de l’interaction entre des impératifs
biologiques
complexes et les lois de la
physique.
Parmi ces dernières,
l’attraction
universelle,
exprimée par la
pesanteur,
est intervenue au cours des processus ayant mené à
l’hominisation.
En
1669,
NEWTON,
dans ses « principes de philosophie naturelle », avait compris, en voyant tomber
une pomme, qu’une
force
d’attraction
intervenait entre celle-ci et la terre.
Cette force est proportionnelle aux masses en présence, et inversement
proportionnelle au carré de leur distance, ce qui s’exprime par f = MM’ / d².

2
On sait maintenant, grâce aux découvertes paléontoloqiques, que les Vertébrés ,
il y a plus de 500 millions d’années, étaient tous ce que l’on appellerait
aujourd’hui, des « poissons » vivant dans la mer.
Certains furent nos « ancètres », en sortant du milieu aquatique, pour adopter
une vie terrestre, d’abord quadrupède, puis bipède. Il s’agit là d’un processus
biologique qu’on peut donc qualifier d’anti-gravitationnel (ou
anti-entropique)
puisque d a augmenté et f a diminué. La tête s’est éloignée du sol et s’est
comportée comme une sorte de « planète » décrivant autour de la terre une orbite
complexe, à faible distance , avant de retomber finalement sur cette terre, un
jour ou l’autre !
D’autres bipèdes - les Oiseaux - s’en sont éloignés davantage ; mais ceci est
une autre affaire.

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Voici le labyrinthe de l’oreille interne de l’Homme ; ce labyrinthe est le
capteur
de l’attraction universelle depuis le tout début de notre lignée.
4
Le labyrinthe existait déjà chez les premiers Vertébrés connus, remontant à «au
moins » 400 millions d’années ( ce que les paléontologues nomment :
l’Ordovicien). Ces
Céphalapsides
étaient de tout petits poissons de la taille de « l’ongle du petit doigt » qui
ont pu être détectés grâce à leur « cuirasse dermique », d’où leur appellation
d’Ostracodermes. Leur bouche était une fente verticale, dépourvue de mâchoires
mais ils avaient déjà des labyrinthes - que vous voyez- avec 2 canaux
semi-circulaires . Chez d’autres poissons, un peu plus récents, les labyrinthes
ont acquis leur troisième canal semi-circulaire, au moment-même où sont apparues
les machoires. Cette
liaison entre
machoires préhensiles et canal semi-circulaire horizontal
mérite d’être soulignée. Cet ensemble fonctionnel sera retrouvé ensuite, sans
discontinuer, jusqu’à l’Homme.
Bien entendu, la notion d’horizontalité découle de celle de verticalité où
s’exerce la pesanteur ; et la
statique
fournie par le complexe utriculo-sacculaire est liée à la
dynamique
captée par les canaux semi-circulaires.
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Des auteurs hollandais ont même trouvé, chez les Oiseaux, des relations entre
l’horizontale labyrinthique et une formation rétinienne , appelée « zone
rubanée ».
Entre parenthèses, il faut rappeler que la pesanteur agit aussi sur les
Invertébrés, ce qu’on a pu mettre en évidence au moins chez les oursins,
lesquels présentent autour de la bouche, des « sphéridies » réceptrices. Quant
au Régne végétal, il est soumis à un « géotropisme » dont le mécanisme est
encore mal connu, ce qui n’empéche pas de constater que les racines des plantes
se dirigent en bas, et les tiges vers le haut quelle que soit leur localisation
sur le globe terrestre.
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Tentons maintenant de parcourir les étapes essentielles des modifications ayant
abouti à notre station érigée. Ce Poisson fossile (en haut de cette figure) est
un peu plus récent que le précédent ; il vivait au Dévonien (c’est à dire il y
a 300 millions d’années seulement). Très proche du célèbre Cœlacanthe,
(représenté en bas de la figure), il serait à l’origine de la plupart des
Vertébrés actuels, y compris l’Homme.(vous pouvez l’appeler Adam car son nom est
plus compliqué : Eusthénoptéron).
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Il a acquis un caractère essentiel pour la future vie terrestre, à savoir les
choanes
faisant communiquer les fosses olfactives primitives avec la cavité buccale.
Cela permettra, plus tard, la poussée d’une
voûte palatine
et l’organisation d’une
respiration
pulmonaire
par séparation des voies respiratoires et digestives. Cela ira de pair avec des
adaptations des arcs artériels, notamment le 6 ème qui devient artère
pulmonaire.
8
Les premiers Vertébrés sortis de l’eau sont les
Stégocéphales,
sortes de Batraciens primitifs, chez lesquels les nageoires paires sont devenues
des membres
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Le membre marcheur ( le « chiridium ») dérive du membre nageur ( le « ptérygium »)
par disparition de 2 des 3 « rayons » de la nageoire, puis de certaines pièces,
et par des modifications d’autres éléments et apparition d’os nouveaux du côté
caudal du membre. A l’origine il existait, en plus des 5 doigts classiques, 2
autres doigts ( le pré-pollex et le post-minimus) qui vont ensuite régresser.
10
A mesure que le corps s’élevait au dessus du sol, la
situation
des membres relativement à la verticale s’est modifiée, mais
pas
sa
constitution-type,
en 3 segments appelés, du proximal au distal : stylopode, zeugopode et
autopode. Ces dénominations sont communes aux membres thoraciques et aux membres
pelviens, et chez tous les Vertébrés à respiration aérienne, quelles que soient
leurs diverses adaptations ( marche, course, natation, vol…etc).
Schématiquement, disons que le membre chiridien, d’abord en fonction de
reptation (appelé membre
horizontal),
dérivé de la nageoire latérale, fait place à un membre
transverse
avec 2 angulations soulevant le corps, puis devient un membre
dressé
(ou para-sagittal), passant par un stade
quadrupède
, puis
bipède
en libérant la main qui devient préhensile.
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Sur un membre « dressé », figuré ici avec ses 3 aspects essentiels :
plantigrade, digitigrade, onguligrade l’autopode, comprend lui-même 3 portions :
le
basipode
assimilable au carpe et au tarse, le
métapode
pour le métacarpe et le métatarse, et l’acropode
pour les phalanges des doigts. Tous ces éléments subissent des adaptations en
fonction du mode de vie. A ce point de vue, remarquons que l’Homme et les
Primates , en tant que
plantigrades
ne sont pas les plus différenciés, ce qui est le cas, par exemple, du mouton et
du cheval.
Il convient d’ailleurs de ne pas confondre le degré de différenciation et le
degré d’évolution, ce dernier terme étant réservé à la branche principale d’un
phylum, l’autre se rapportant plutôt à un rameau latéral de ce phylum.
12
Lors du redressement du corps, la colonne subit diverses modifications dans : la
forme
des vertèbres, leur
nombre,
la
direction
de leur apophyse épineuse et surtout par l’apparition des
courbures
dans le plan sagittal. A partir d’une seule courbure, en situation thoraco-lombaire
chez les quadrupèdes, le redressement corporel en engendre d'autres : 3
incurvations sont mobiles (cervicale, thoracique et lombaire) et une fixe
(sacrée). L’élasticité d’une telle colonne est régie par une loi de la
mécanique : E = n² + 1 . Cela veut dire que l’Homme a une colonne 10 fois plus
souple que si les courbures n’existaient pas.
Pendant ce même temps, l’angle lombo-sacré diminue (donc se referme), et le
centre de gravité corporelle recule ( de la 5 ème thoracique à la 3 ème
lombaire).
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Le bassin,
ou ceinture pelvienne se modifie profondément, surtout à partir des Primates
semi-érigés. On observe une rotation différentielle de ses 3 éléments
constitutifs ( ilion, ischion, pubis) et surtout une amplification considérable
de la zone iliaque donnant insertion aux muscles fessiers (zone dite « glutéale »).
Ces muscles jouent un rôle primordial dans le redressement corporel. Et Buffon
écrivait déjà que la caractéristique essentielle de l’Homme était « d’avoir des
fesses ! ».Les modifications de la ceinture pelvienne ont aussi pour conséquence
une incurvation de la filière génitale et, à partir de notre plus proche cousin
- le chimpanzé pygmée ou Bonobo - les rapports sexuels s’effectuent par
l’avant.
14
La verticalité du corps, ainsi
acquise,
est
maintenue
par les muscles antérieurs de la cuisse et surtout par le très puissant ligament
de Bertin. Quant à la ceinture scapulaire, soutenant le membre antérieur, elle
subit une réduction de ses attaches avec le thorax (sans, pour autant, que la
clavicule disparaisse, chez l'homme comme c'est le cas chez le cheval…)
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Ceci dit, se pose maintenant la
vraie question.
Comment
expliquer
le mouvement phylogénique ascensionnel de la tête, entrainant sous elle, le
redressement corporel ? (à moins que ce soit l’inverse, le corps « portant » la
tête ?)
Pour tenter de comprendre, il convient de tenir compte de 4 séries de facteurs
intervenant dans la génèse céphalique : 2 sont des constantes et 2 évoluent..
Ceux qui restent constants sont la direction de la
pesanteur
et la nécessité de la recherche de
nourriture
(pour maintenir l’intégrité de l’individu, ce qui permettra la survie de
l’espèce). Ceux qui évoluent sont le
cerveau
et la direction de
l’axe corporel.
Revenons sur chacun d'eux
16
(quelqu’un dans la salle reconnaitra surement cette photo !)
L’orientation de la tête est fonction de
l’activité du
moment
comme l’a montré J.P.Loreille , à l’aide de son « clinomètre » qui enregistre
les position de la tête, durant une demi-heure. Mais on doit se demander aussi à
quoi répond l’orientation « vestibulaire » lors de l’ontogénèse et de la
phylogénèse.
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Quand on demande à quelqu’un de se tenir « droit », il aura tendance à se mettre
au « garde à vous » (comme ce géant des Flandres) , s’il a effectué son service
militaire.
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Des observations sur l’animal ont montré, comme l’écrivait Girard en 1921, que
la position « orthovestibulaire » de la tête était une attitude « d’alerte »,
avec réception maximale de tous les récepteurs sensoriels céphaliques, en vue de
la recherche de nourriture, de l’attaque et de la défense du « territoire ».
Parler d’une attitude « normale » ou « moyenne » ou « habituelle n’a pas de
signification.
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Il en résulte que les directions manducatrices de la face - et notamment le plan
d’occlusion et les plans alvéolaires - se fixent à environ 30° sous
l’horizontale vestibulaire.
20
Cet angle peut être un peu moindre chez ceux qui vivent sous terre, comme la
taupe ; avec des membres plus courts que la tête et lorsqu’un certain seuil
n’est pas atteint pour ce rapport tête/membre.
 21
Il peut être modifié expérimentalement, comme chez des rats rendus « bipodes »
où l’on observe un certain relèvement facial, la tête étant portée plus bas..
22
C’est aussi le cas d’espèces présentant un mode de vie très particulier, comme
le chameau qui fait figure d’exception à la règle, mais chez l’adulte
seulement !
23
Durant la phylogénèse mammalienne, la tête évolue essentiellement par 2
processus : une amplification
rotatoire
de sa région pariéto-occipitale, contrastant donc avec une quasi-fixité
directionnelle de ses éléments de manducation ne subissant que des
translations.
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L’arrière-crâne d’un quadrupède, comme le chien, possède une « zone sensible »
(représentée ici par des tirets). C’est là que le rocher, d’abord caché à
l’intérieur du crâne, va faire irruption (en noir) en entrainant l’arrière du
pariétal, et que l’occipital sus-iniaque (la partie d’origine membraneuse de
l’écaille) va pousser, comme on va le montrer.
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Pour répondre aux nécessités vitales que nous avons évoquées,
si
l’orientation de la tête est perturbée - que ce soit expérimentalement - ou lors
de la phylogénèse céphalique - l’horizontalité des canaux semi-circulaires
latéraux doit obligatoirement se rétablir.
Le centre de gravité du cerveau d’un quadrupède est situé en avant des
labyrinthes. Quand le
volume cérèbral
vient à augmenter ( suite à un déterminisme restant à définir) , ce surpoids va
entrainer la tête en rotation antèrieure. Mais le canal latéral va
rétablir son
horizontalité
par un réflexe agissant sur les muscles extenseurs de la colonne. La répétition
de cette traction pourrait être à l’origine de l’ouverture du hiatus cranien
pariéto-occipital qu’on vient de décrire. Le cerveau profiterait ainsi de ce
nouvel espace pour un nouvel accroissement - et ainsi de suite . Ce processus
« cybernétique » susceptible de durer des siècles, voire des millénaires,
mènerait à la recherche d’un équilibre cranien, entre les masses pré- et
rétro-vestibulaires.
Une autre composante doit encore être prise en compte, c’est le volume - donc le
poids - de l’ensemble facial ou plus précisément
splanchnocranien.
Faute de réduction de ce poids, des forces de tractions postérieures devront
encore intervenir, engendrant une augmentation de la surface d’insertion
occipitale. C’est ce qui se passe chez le Gorille par exemple. Mais si la face
se réduit et recule, un nouveau progrès de développement cérèbral
postéro-cranien devient possible . C’est le cas de l’Homme. L’équilibre
antéro-postérieur, par rapport à la direction verticale vestibulaire de la
gravitation, pourra ainsi se stabiliser.

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Tous ces processus ont le plus de chances d’être efficaces s’ils se produisent
au cours de la croissance. Une confirmation des hypothèses précédentes est
apportée par l’examen des trajets ontogéniques des points craniens, faciaux et
mandibulaires , comparés entre l’Homme et un singe Anthropomorphe, tel le
chimpanzé commun (Pan troglodytes). Chez ce dernier, à face encore
volumineuse, on voit s’inverses le sens de la concavité des trajets des points
neuro-craniens, contrairement à l’Homme qui, grace à sa face réduite, a pu
améliorer son équilibre antéro-postérieur . En effet, ses courbes ontogéniques
démontrent une poursuite régulière des tractions musculaires sur son occipital.
Un perfectionnement de sa station érigée en découle
Cette inversion du sens des courbures infirme la théorie de Bolk pour qui
l’Homme serait un fœtus de Primate devenu apte à se reproduire. On observe au
contraire que chacun d’eux poursuit son propre chemin à partir d’un « point de
bifurcation », ce qui est en accord avec la théorie de Haeckel pour qui la
ressemblance entre sujets d’espèces différentes est d’autant plus forte que le
stade considéré est plus précoce.
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(entre parenthèses, les raisonnements précédents concernant l’hominisation ne
peuvent s’appliquer à des Mammifères aquatiques, comme le dauphin qui possède
pourtant un cerveau bien développé et très circonvolué, ainsi qu’une orientation
buccale à 30°. Chez lui, l’action de la pesanteur est contrebalancée par la
poussée d’Archimède. Un dauphin ne pourra jamais évoluer vers une
verticalisation car les masses se comportent différemment dans l’eau et hors de
l’eau..
 28
La conception que nous avons exposée suppose évidemment une
interaction
entre facteurs mécamiques et génétiques. Nous ne prendrons pas position sur le
choix entre les théories du
Lamarkisme
et du
néo-darwinisme,
aucune n’apportant de solution vraiment satisfaisante à tout ce qui est
observable !
29
Bien entendu, ici intervient la notion de
mutation
, découverte en 1901 par
De Vries,
qui était un botaniste. En ce qui concerne l’hominisation, tout au plus
pourrait-on ( ?) soupçonner l’intervention de
rares mutations
d'origines inexpliquées de type systémique (ontomutations ?) de survenue très
ancienne
, agissant sur les principaux processus incriminés : cerveau, extenseurs
axiaux…). Ils pourraient se manifester par des levées d’inhibition les uns sur
les autres, de façon progressive et alternée. Si vous voulez, par exemple,
vous élever en utilisant 2 échelles parallèles, avec un pied sur chaque, vous ne
pourrez jamais que monter un pied à la fois !).
30
L’équilibre
physique
entre les volumes et les formes favorise
l’équilibre
fonctionnel
entre éléments anatomiques en optimisant la
quantité
d’énergie
mise en œuvre en vue du maintien de
l’équilibre vital
,
avec intervention de réflexes d’origine : labyrinthique, visuelle, musculaire,
tactile, olfactifs . Cet état d’équilibre milite, avec d’autres arguments
encore (comme la sphérisation bi-pariétale) en faveur d’une fin probable du
processus hominisant. En effet, le recul facial et la rotation vers le bas et
l’avant, de l’occipital représentent les 2 mors d’une pince dont la fermeture
arrive en position limite, d’autant plus qu’elle doit réserver un passage pour
les voies aéro-digestives.
31
Après avoir évoqué la fin du processus, il faut encore déterminer le début de ce
qui justifie l'appellation HOMO d'un fossile franchissant ce qu'on considère
comme le rubicon hominisant. Nous faisons intervenir, en plus de la notion
volumétrique de l’encéphale, les relations entre neuro- et splanchnocrâne.Il
faut que l’angle compris entre le trou occipital et le plan d’occlusion, soit
devenu supérieur à 180° (dans son « ouverture » vers le haut) et que la largeur
maximale du cerveau dépasse le niveau latéral du centre du condyle mandibulaire.
32
La verticalité d’équilibre est, en fait, non pas une droite, mais un plan
transversal, à cause de l’intervention d’éléments anatomiques pairs. Il passe
par : les labyrinthes, les cavités articulaires zono-appendiculaires des membres
(cavités glénoïdes et cotyloïdes), le promontoire sacré et le corps de la 3°
lombaire.
33
Il intéresse aussi le tarse à partir duquel les forces se répartissent vers
l’avant et l’arrière du pied, chez l’Homme (mais pas chez les Primates car leur
calcanéum reste relevé !). Le quadrilatère de sustentation de l’Homme est le
plus réduit.
34
Les conséquences squelettiques de la verticalisation du corps sont nombreuses et
ont fait l’objet de nos publications depuis (déjà !) un demi-siècle. Rappelons
seulement la « brisure » de la base cranienne, avec maintien de la direction de
la branche antérieure du « compas sphénoïdal » liée à la destinée du
splanchno-crâne, contrastant avec la rotation de la branche postérieure ou
clivus, (et aussi de la loge cérébelleuse dans son ensemble) obéissant à la
verticalisation de la colonne.
On voit donc bien que cette brisure n’est qu’une
conséquence
de l’évolution et non une cause comme l’ont prétendu certains. Et, puisqu’on en
est à l’évocation de vienx « poncifs », répétons qu’un grand front n’est pas un
caractère évolutif ; c’est du côté occipital qu’il faut chercher, car un grand
front ne sert qu’à porter des cornes (bien sûr, je parle ici des quadrupèdes
).
35
La pesanteur intervenant tout au long de la vie, il n’est pas surprenant que le
crâne devenu sénescent en ait subi les effets. L’arrière-crâne montre peu de
changements relativement à celui d’un jeune adulte (d’environ 20 ans) car il
présente le même mouvement de descente que la colonne (qui se « tasse »). Au
contraire le crâne antérieur ainsi que la face, non soutenus, montrent, en
orientation vestibulaire, une
chute
importante (d’environ 1 centimètre) encore accentuée pour les éléments latéraux.
Le porion, cher aux fervents du plan de Francfort, n’échappe pas à cette chute.
36
D’ailleurs, ce plan bouge considérablement tout au long de la vie, comme vous
pouvez le constater .
37
Le redressement corporel a eu un impact sur les viscères. Par exemple, lorsque
le thorax passe de la position horizontale des quadrupèdes à la position
verticale de l’Homme, le
cœur,
organe pesant obéissant à la pesanteur, se comporte comme un « battant de
cloche », tourne autour de son pédicule vasculaire. Cela influe d’ailleurs sur
la
lobulation
pulmonaire gauche et sur l’orientation des sutures inter-lobaires.
La verticalisation corporelle est aussi à l’origine de divers
inconvénients
liés à l’action de la pesanteur, tels que : les lombalgies, les ptoses, les
oedemes, les hydrocéles, les varices … qui sont des « rançons » de la
verticalisation.
38
A titre de curiosité, le Bonobo, comme l’Homme, n’a pas une nage spontanée qui
nécessite une hyperextension nucale maintenant la tête hors de l’eau.
Contrairement au chimpanzé commun, le Bonobo a, pour cette raison, été nommé
« chimpanzé de la rive gauche du Congo » car il se noyait en traversant le
fleuve.
39
Une affection
spécifiquement
humaire
intéresse l’oreille elle-même. Dans le labyrinthe, seul le canal semi-circulaire
horizontal a une orientation fixe. Tout le reste évolue autour de lui par le
même mouvement rotatoire phylogénique (et de même amplitude) que la loge
cérébelleuse, lors du passage de la quadrupédie à la bipédie.La fenêtre ovale
est entrainée en haut et en avant, en situation limite. Si le tissu de la
capsule labyrinthique subit une modification histologique (l’otospongiose)
l’étrier se coince dans la fenêtre , ce qui entraine une surdité.
40
Tout le monde connaît cette figure. On ne peut s’empécher de poser la question
de l’avenir cosmonautique de l’Homme lorsqu’on évoque l’attraction universelle.
Depuis les origines lointaines de la lignée des vertébrés que certains
paléontologues font remonter à bien plus de 500 millions d’années (peut-être 2
ou 3 milliards ? d’après Lehman) tous ont évolué accompagnés par la pesanteur,
seul facteur extra-génétique demeuré constant. Alors, l’Homme croit-il pouvoir,
un jour prochain, coloniser l’espace, ce qui veut dire « s’y reproduire », en
l’absence de cette contrainte physique ? Je laisse à chacun la liberté de
répondre, de manière assez risquée !
 41
Je vais conclure plus prosaïquement, en revenant sur terre et en vous montrant
l’image du canal semi-circulaire horizontal de patients, aussi bien en scanner
qu’en IRM. Nous pouvons donc maintenant affirmer l’intérêt pratique de la
méthode vestibulaire qui, grâce aux progrès de l’imagerie numérisée, a apporté,
au moins à Lille, des résultats remarquables et durables pour de nombreux cas
d’interventions chirurgicales, dans le domaine des plagiocéphalies et asymétries
céphaliques de l’enfant.
Alors, quand les orthodontistes se décideront-ils enfin à mettre en œuvre la
méthode vestibulaire ? Elle les attend depuis des millions d’années. !
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