S.E.R.E.T.

Société d'Etudes et de Recherches en Thérapeutiques.

Séminaire sur le syndrome de Costen ou SADAM prévu pour les vendredi 6 et samedi 7 octobre 2017
Voir programme et inscriptions sur
Accueil  et formations

Le séminaire  est complet

Voir Video à https://www.youtube.com/my_videos?o=U

Vidéo sur la déglutition  par radio cinéma:  https://youtu.be/xsx2D62l3w4

 

 https://youtu.be/xsx2D62l3w4

 

BASES

TRAITEMENTS DU SADAM

PROFESSIONNELS ARTICLES

CONGRES ET FORMATIONS

 

  • ARTICLES DE R. FENART

LIVRES

DENTS ET ENFANTS

AUTRES PAGES

 

INTERVIEW SUR LE S.A.D.A.M.

Cette page est destinée à répondre aux questions les plus fréquentes concernant le syndrome de Costen encore appelé S.A.D.A.M.

Pour mieux comprendre cette maladie nous avons interviewé M.  J.M. Landouzy.

Seret : Tout le monde parle du syndrome de SADAM ? Qu'en est-il au juste ?

J.M. Landouzy : S.A.D.A.M. signifie Syndrome Algo-Dysfonctionnel de l’Appareil Manducateur. Il ne faut donc pas parler du « syndrome de SADAM » mais tout simplement de SADAM, le « S » signifiant « Syndrome ». En médecine les abréviations sont courantes. Il est d’usage de parler de S.E.P. pour désigner la sclérose en plaques.

L’autre nom du SADAM est le Syndrome de Costen. Le Dr Costen est un ORL américain qui décrit, le premier, avec précision les symptômes de la maladie en 1934. Depuis, je ne pense pas que quelqu’un ait été aussi exact que lui.

Il faut savoir que « syndrome » définit l’ensemble des signes cliniques qu’un patient est susceptible de présenter lors de certaines pathologies. En médecine il existe de nombreuses maladies qui sont appelées syndromes parce qu’elles comportent un nombre important de symptômes différents.

Comme dans tout syndrome, il n’est pas nécessaire que le patient présente la totalité des symptômes décrits pour parler de SADAM, certains suffisent à poser le diagnostic.

 

Seret : Ce S.A.D.A.M. ou encore syndrome de Costen apparaît comme une maladie redoutable car beaucoup de personnes en souffrent et elles ont beaucoup de mal à trouver le traitement adéquat ?

J.M. Landouzy : Effectivement ! Si Costen en a décrit les symptômes, il n’en a pas donné les causes et le traitement. Il s’agit en fait d’un déséquilibre de la mandibule qui va entraîner de nombreuses douleurs et des gênes fonctionnelles. On pourrait croire que l’effet du déséquilibre de la mandibule vienne essentiellement de causes locales (occlusion dentaire, articulation temporo mandibulaire) et que les douleurs soient localisées à ce secteur uniquement. En fait il n’en est rien ! Là réside toute la difficulté de diagnostic et de traitement. En effet, les causes du déséquilibre peuvent se trouver éloignées des articulations temporo mandibulaires tout comme les symptômes qui peuvent se localiser dans des régions corporelles lointaines de la mandibule (colonne vertébrale, bassin).

Seret : Comment le praticien peut-il procéder pour effectuer un diagnostic et établir un traitement face à un patient qui présente un syndrome de Costen ?

J.M. Landouzy : Sir William Hossler disait : « le diagnostic doit précéder le traitement. Ce qui impose dans un premier temps d’avoir établi un diagnostic et l’on ne peut diagnostiquer que ce que l’on connaît ». Le diagnostic sera établi dans un premier temps sur l’identification des symptômes présentés par le patient. Ils sont nombreux et de localisations différentes. Costen les a pratiquement tous décrits en commençant par les douleurs localisées aux articulations temporo mandibulaires, puis à la tête avec des problèmes d’oreille, de langue, de migraine. Enfin, il décrit un certain nombre de symptômes localisés à la colonne vertébrale.

Il s’agira alors, pour le praticien, de déterminer si les symptômes localisés à distance des articulations temporo mandibulaires sont liés à un déséquilibre de la mandibule car ces symptômes peuvent avoir d’autres origines. Ensuite, si le déséquilibre de la mandibule est confirmé, il faudra en déterminer les causes. Elles peuvent être multiples et ne pas se limiter à la seule occlusion dentaire. Il faudra donc établir un diagnostic progressif sachant qu’un patient peut présenter plusieurs causes à son déséquilibre mandibulaire.

Seret : Dans ce cas précis comment procédez-vous ?

J.M. Landouzy : Dans un premier temps j’écoute les plaintes du patient et détermine les symptômes qui dépendent réellement du déséquilibre de la mandibule sans écarter ceux qui sont indépendants du déséquilibre car le patient vient consulter pour l’ensemble de ses problèmes de santé. Il faut donc être à son écoute et le soigner pour toutes les pathologies qu’il présente. Connaissant les manifestations cliniques du syndrome de Costen, je commence à rechercher ces signes cliniques. En premier lieu, je regarde comment se comporte la mandibule au cours de l’ouverture de la bouche et notamment si l’alignement normal de la pointe du nez et de la pointe mentonnière se maintiennent au cours de l’ouverture de la bouche. Si l’alignement se maintient on dira que l’ouverture buccale présente un chemin rectiligne. Il existe aussi une notion d’amplitude c’est-à-dire que l’ouverture buccale doit être suffisante. Elle est normale lorsqu’elle est d’environ 40 mm ou encore lorsque le patient peut glisser entre les incisives centrales, les travers des doigts superposés (index, majeur, annulaire) jusqu’à la première articulation inter phalangienne. Je mémorise alors le côté de la déviation latérale de la mandibule au cours de l’ouverture buccale. Je préfère observer les variations de la biomécanique mandibulaire plutôt que de procéder à des tests différentiels comme par exemple les techniques de kinésiologie qui sont censées différencier les étiologies occlusales des autres étiologies en modifiant les contacts dentaires (dents serrées ou desserrées).

Si le fait de desserrer les dents supprimait l'influence de la malocclusion sur la mandibule on aurait une disparition de la perturbation mécanique de la mandibule et notamment sur la qualité et sur l'amplitude de l'ouverture buccale. Or on ne la constate pas.

Après avoir noté le côté de la déviation latérale de l'ouverture buccale, j'examine la posture générale du corps et en particulier le bassin pour rechercher une inégalité anatomique des deux membres inférieurs ou une lésion pelvienne mécanique entraînant un gros déséquilibre du bassin. Si je trouve une inégalité anatomique, je procède immédiatement à une compensation complète afin de retrouver un équilibre parfait (par une talonnette). S'il s'agit d'une lésion mécanique du bassin je la corrige immédiatement. Après avoir rétabli l'équilibre du bassin, j'examine l'équilibre de la ceinture scapulaire (les épaules) et en particulier la hauteur des omoplates et des épaules. Normalement les omoplates et les épaules doivent se situer sur un plan parfaitement horizontal. Lorsque je trouve une épaule et une omoplate plus haute je rapproche le côté de la déviation latérale de la mandibule avec celui de l'omoplate haute.

Cette étape est fondamentale car il faut impérativement, pour traiter valablement le déséquilibre occlusal, que la déviation latérale de la mandibule à l'ouverture et la ceinture scapulaire haute se trouvent du même côté. Si le phénomène est contro latéral c'est qu'il existe d'autres causes de déséquilibre que celles liées à l'occlusion dentaire.

Ensuite j'examine la déglutition en effectuant un test : je demande au sujet d'avaler la salive en lui maintenant les dents serrées et les lèvres jointes (voir ce test à la page sur la déglutition salivaire). Si le patient présente un trouble de la déglutition salivaire je le corrige immédiatement.

Seret : Donc vous ne commencez jamais votre examen en regardant comment se comporte l'occlusion dentaire de vos patients ?

J.M. Landouzy : la complexité des éléments susceptibles de modifier la biomécanique mandibulaire nous oblige à être très prudents dans l'élaboration du diagnostic. J'ai pu constater scientifiquement par des observations rigoureusement menées que la modification de la position de la tête, de la ceinture scapulaire et de la ceinture pelvienne pouvait entraîner une perturbation de la biomécanique mandibulaire. D’autre part, j'ai fait la même observation sur la déglutition. Il est donc logique de commencer les investigations par les causes éloignées (posture) et fonctionnelles (déglutition). Ceci de manière à ne laisser au chirurgien dentiste que la partie purement occlusale. Beaucoup de patients qui ont subi des traitements par gouttière ou autres n'ont pas eu le résultat escompté parce que les causes posturales et la déglutition n'avaient été ni reconnues, ni traitées, ni corrigées en tout premier lieu. L’apport de l’ostéopathie dans le traitement du SADAM provient de sa vision globale du corps.

Seret : Par contre vous ne parlez pas de la convergence oculaire en début d'examen, alors que certains praticiens en font une condition essentielle ?

J.M. Landouzy : Non, effectivement, je ne la prends pas en compte en tant que cause du déséquilibre mandibulaire parce qu’elle en est simplement la conséquence. J’ai cherché pendant longtemps la correspondance entre le déséquilibre mandibulaire et le manque de convergence d'un œil plus précisément du manque de convergence rapprochée. A savoir qu’en fixant un point (pointe de stylo ou pointe du doigt) qui se rapproche pour faire loucher le sujet on s'aperçoit qu'à quelques centimètres des yeux il y a un œil qui décroche. Au lieu de maintenir sa convergence l’œil part vers l'extérieur. Ce phénomène n'existe pas pour la convergence éloignée, ni même pour la convergence de lecture. Et nous ne vivons pas en louchant que je sache. Si le manque de convergence était sur la convergence éloignée, on aurait pu penser que la position de la tête, devant accommoder la convergence oculaire, provoquerait le déséquilibre mandibulaire. En parlant de la convergence éloignée il faut savoir qu'elle reste relative puisque chacun sait que nous avons un œil directeur et donc que la convergence éloignée ne peut pas exister. De même, il existe aussi un œil directeur pour la lecture.

Sur ce site vous trouverez les travaux d'une orthoptiste qui a effectivement trouvé un manque de convergence chez les gens atteints par un déséquilibre mandibulaire. Ce manque de convergence se situe le plus souvent sur l'œil situé du côté de la déviation mandibulaire lors de l'ouverture buccale. L'explication en est simple : il s'agit d'une tension de l'orbite par l'intermédiaire du muscle masséter qui modifie la position de l'os zygomatique qui lui même participe à la formation de l'orbite et crée une tension au niveau de la suture fronto zygomatique. Ceci induit la contracture du muscle moteur oculaire externe responsable du manque de convergence.

J'ai rencontré des patients qui avaient subi de nombreuses séances d'orthoptie pour un manque de convergence récidivant. Ce n'est que lorsque la mandibule aura retrouvé son équilibre que la convergence oculaire pourra être stabilisée.

Seret : Que pensez-vous des semelles orthopédiques ?

J.M. Landouzy : elles peuvent être utiles dans certains cas mais elles ne doivent pas être utilisées de manière systématique. On ne corrige pas un déséquilibre occlusal avec des semelles, comme on ne corrige pas un pied plat ou un petit creux avec une gouttière occlusale. Je répète souvent qu'il faut adapter le traitement et la thérapeutique aux patients et non le patient à la thérapeutique. Donc la prescription et la mise en place de semelles doit être contrôlée et surtout il faut s'assurer, lorsque les semelles sont en place, qu’elles permettent une amélioration de la posture et de la mobilité globale du rachis et de la mandibule. J'ai constaté dans de nombreux cas que beaucoup de semelles ne remplissaient pas ces conditions. D’où l’absolue nécessité d'en contrôler l'efficacité (voir l'article POSTURES).

Seret : Les corrections de la posture et de la déglutition sont-elles définitives ou doivent-elles accompagner régulièrement le traitement odontologique (le plus souvent par gouttière) ?

J.M. Landouzy : Oui il est important de toujours aller, dans cette pathologie, de la périphérie vers le centre. La sensibilité occlusale est de l'ordre de 5/100 de millimètre d’où la précision requise pour corriger la malocclusion et la difficulté du traitement. Il faut aussi se rendre compte qu'un déséquilibre postural ou une déglutition primaire sera susceptible de créer des tensions musculaires qui viendront s'ajouter à celles de la malocclusion. Si ces tensions musculaires persistent le réglage de la gouttière en sera affecté. Et lorsqu'il s'agira d'ajuster une occlusion par des coronoplasties les déséquilibres de la posture et ceux liés à la déglutition risquent de fausser les corrections occlusales. L’ostéopathe et le chirurgien dentiste doivent donc collaborer pour que le traitement de la malocclusion soit efficace.

Il est donc très important que l'ostéopathe traite le patient en corrigeant l'ensemble du rachis et des ceintures pelvienne et scapulaire, puis vérifie et corrige si besoin la déglutition avant que le chirurgien-dentiste ne procède au réglage de la gouttière juste après l’ostéopathie.

Seret : Pourquoi une gouttière et non pas une correction directe sur les dents ?

J.M. Landouzy : C'est un sujet sur lequel je me suis penché depuis très longtemps. Les équilibres de la posture et de la mandibule ne se reconstruisent que progressivement lorsqu'ils ont été affectés. Je donne souvent comme exemple à mes patients celui de la tour de Pise. Elle est inclinée et si cette inclinaison s'aggravait elle s’effondrerait. La reconstruction ne pourrait s’effectuer que pierre par pierre et de fait serait longue. Il en est de même pour les maladies ou et les traumatismes (il faut plus de temps pour consolider une fracture que pour la provoquer). Le temps pour obtenir la guérison est souvent plus long que celui qu'il aura fallu pour installer la maladie. Il faut donc se soumettre à ces conditions et les prendre en compte. En général on peut considérer un traitement de 12 à 18 mois par gouttière avec des séquences de corrections ostéopathiques et odontologiques mensuelles. Ce n'est que lorsque l'équilibre permanent sera installé que l’on pourra sera alors envisager la correction occlusale définitive.

Seret : Beaucoup de patients désespèrent d’être guéris ou même soulagés. Qu'en pensez-vous et pourquoi ?

J.M. Landouzy : j’étudie le SADAM et travaille dessus depuis plus de 25 ans et je suis à même de comprendre la détresse de ces personnes pour l'avoir rencontrée très régulièrement. Cela a même constitué ma principale motivation de recherche d’un traitement valable. Comme je l’explique dans les toutes premières pages de mon livre « mal de dos mal de dents », alors que je travaillais en milieu hospitalier, une patiente a mis fin à ses jours car elle ne supportait plus ses douleurs incessantes. Nous avons tous été consternés par cette mort et il nous est apparu qu'il fallait, au plus vite, trouver des solutions à cette maladie. Comme je l’ai écrit, dans la page où je traite de la psychologie, les patients présentent souvent une détresse psychologique importante notamment parce qu'ils sont incompris du corps médical et de leur environnement familial et/ou professionnel.

Le parcours d'un patient atteint du SADAM est semé d'embûches et d'incompréhension parce que tous les praticiens ne sont déjà pas unanimes sur le diagnostic au départ puis sur le traitement. D'autre part, la non prise en charge des soins par le système de santé peut s’avérer un obstacle important. Beaucoup ont déjà dépensé des sommes impressionnantes sans aucun résultat. A la détresse financière s'ajoute alors à la détresse psychologique. C'est la raison pour laquelle j'ai créé ce site mettant gracieusement à la disposition des patients et des praticiens tous les résultats de mes travaux ainsi que ma méthodologie personnelle. Les techniques que je développe avec les chirurgiens-dentistes, les orthodontistes et les stomatologues permettent d'obtenir, dans de très nombreux de cas, des résultats très positifs. Mais pour cela une collaboration intelligente et étroite entre les différents praticiens intervenant dans le traitement du patient est nécessaire.

 

Seret : Que pensez-vous de la diversité des approches cliniques et thérapeutiques ?

J.M. Landouzy : Comme pour beaucoup de maladies dont les causes n'ont pas été clairement déterminées il existe une multiplicité de théories et de pratiques diverses dont la synthèse manque. Voyez ce qui se passe pour le cancer ! Les théories les plus diverses sont exposées: de l'alimentation à la psychologie. Dans son livre "le principe de vie" Laurent Schwartz expose bien cette multiplicité des théories. Les médecins ne sont même pas d’accord sur une définition unique du cancer. Il s’en suit nécessairement des désaccords sur la cause du cancer et l’établissement d’un traitement efficace et universel

Dans le syndrome Costen, les difficultés ont été de rapprocher différentes professions médicales pour établir les diagnostics et les traitements.

Ma connaissance du syndrome de Costen a été longue et progressive. Comme je l'explique dans mon livre, il m'aura fallu acquérir de très nombreuses connaissances qui ne sont pas enseignées dans le cursus classique ostéopathique. Je peux citer entres-autres : les règles de l'occlusion dentaire, de l'architecture cranio-faciale, de la déglutition, etc. J'ai eu la chance de rencontrer des professionnels reconnus qui m'ont aidé à enrichir mes compétences que j’ai intégrées dans un schéma holistique du corps.

De nombreux praticiens ont développé des traitements en fonction de leur approche personnelle de cette maladie, il est donc actuellement difficile d'obtenir une synthèse de l'ensemble afin de développer une vision commune.

 Seret : Quelles conclusions pouvons nous donner à cet entretien ?

J.M. Landouzy : pour conclure je souhaite à tous les patients atteints par cette maladie de trouver le traitement qui pourra les guérir. Pour cela je continue à publier des articles tant pour les patients que pour les professionnels de santé afin de développer cette approche holistique qui s'avère qui me semble tout à la fois nécessaire et la plus efficace .

En mot de la fin, je reprendrai cette phrase de Hahnemann, fondateur de l'homéopathie : « Si je ne passe pas ma vie à trouver le moyen de soulager mes semblables,  j’aurais l’impression de ne pas avoir vécu ».

Ce qui se trouve sur ce site est la propriété du S.E.R.E.T ne peut être copié ou utilisé sans autorisation écrite.

POUR NOUS CONTACTER  nous avons changé de mail : seretmedecine@gmail.com

En raison des spams qui nous sont envoyés par centaines nous ne mettons plus de lien direct sur l'adresse.
Il suffit de la recopier dans votre messagerie. 

Pour tout renseignement par courrier nous demandons de joindre à votre courrier
une enveloppe affranchie pour la réponse et le retour des documents. Adressez votre courrier à :

S.E.R.E.T. 310, rue Solferino 59000 LILLE. FRANCE

Webmaster : Jean-Marie LANDOUZY - ostéopathe - 310, rue Solferino 59000 LILLE FRANCE